En regardant l’actualité récente j’ai été amené à créer une nouvelle rubrique : “Transparence”.
En effet, on ne peut qu’être frappé par l’inflation d’informations touchants les hommes politiques sur ce thème.
Il y a tout d’abord le scandale des notes de frais des députés anglais qui mobilise l’opinion public et les journaux et oblige le Premier Ministre à faire le ménage dans ses rangs et tous les députés à plus de transparence et de déontologie.
Les élections européennes sont également l’occasion pour les médias, mais surtout les médias numériques, de faire le point sur l’activit réelle des euro députés.
Il y a eu l’affaire du site parlorama.eu qui a été censuré suite à de nombreuses pressions (voir mon article), il y a désormais votewatch.eu.
Ce site analyse le comportement des députés européens en intégrant plusieurs critères comme les différents votes, le taux de participation aux séances plénières, la loyauté aux groupes politiques européens et nationaux… Le nombre de rapports, questions, opinions, est aussi pris en compte. Le site est actualisé en quasi temps réel, les recherches sont multiples (par vote, par député…). Bref les opposants à la transparence sur le travail du parlement européen ont du soucis à se faire.
Seul reproche à faire, le site est exclusivement en anglais.
Nul doute que seul Internet permet de publier ce type de site à un cout abordable.
Pour le moment, ces initiatives restent confidentielles et ne serviront probablement pas beaucoup aux citoyens européens pour choisir leur euro député. Toutefois, ces derniers devraient d’ors et déjà prendre en compte que leurs activités sont désormais beaucoup plus facilement accessibles.
La France n’est pas épargnée par ce phénomène.
On peut notamment citer le satirique mais efficace deputesgodillots.info
C’est un site partisan qui cherche plutôt du côté des députés de la majorité mais qui dérange aussi à gauche, preuve que la mauvaise foi et certaines pratiques parlementaires sont partagées par beaucoup.
C’est ainsi que la député du Parti Radical de Gauche Sylvia Pine a fait parvenir aux administrateurs du site une mise en demeure de retirer les pages la concernant notamment sous le prétexte de préserver sa vie privée. Je vous laisse juge de lire la page la concernant ainsi que les très nombreux commentaires qu’elle a suscité.
Ce qui est intéressant c’est la réaction de cette députée.
Tout d’abord elle semble découvrir les possibilités offertes par internet pour chaque personne de faire un site facilement ; ensuite elle ignore certainement que nombre d’informations sont sur les sites officiels tels que celui de l’Assemblée Nationale et qu’il est encore plus facile de les relayer et de les amplifier.
Enfin, il est fort probable que si elle n’avait pas protesté, qui plus est par voie judiciaire, elle serait restée une député anonyme. Son action a, au contraire, suscité de nombreux commentaires et même des articles de presse comme celui de numerama par exemple.
Ces nombreuses réations ont ainsi contribuées à faire monter députégodillots dans les référencement.
Ainsi, quand on tape “Sylvia Pinel” sur Google, ce dernier est en troisième position, juste en dessous du site officiel de la députée où il n’y a pas un mot sur la polémique, comme si elle n’existait pas.
Force est de constaté que Sylvia Pinel a été mal conseillée dans sa stratégie qui démontre une grande méconnaissance d’Internet.
Il est vrai que c’est difficile pour les députés “de base” de réagir à des situations que nombre d’entre eux ne comprennent pas forcément.
Pour beaucoup c’était mieux avant l’ère du net où un coup de fil au directeur de la rédaction incriminée pouvait arranger bien des choses…